En suspens depuis 2024, le projet de déviation de Remollon franchit une nouvelle étape. Réunis lundi 26 octobre autour du maire Bertrand Baulet, le président du Département des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, et plusieurs élus ont fait le point. Estimée à 25 millions d’euros, l’opération pourrait entrer dans sa phase de réalisation au début des années 2030.

Sur plusieurs tronçons du village, il n’existe même aucun trottoir : piétons et poussettes doivent alors emprunter la chaussée. .  Photo Nathalie Audier

Le dossier de la déviation de Remollon revient sur le devant de la scène. Lundi 26 octobre, la municipalité, représentée par son maire, Bertrand Baulet, a accueilli Jean-Marie Bernard, président du Conseil départemental des Hautes-Alpes, accompagné d’une délégation de techniciens et d’experts. Objectif de cette rencontre : faire le point sur l’avancement du projet, préciser les prochaines étapes et réaffirmer son importance pour l’avenir du territoire.

Valérie Rossi, députée, Joël Bonnaffoux, conseiller départemental et président de la communauté de communes Serre-Ponçon Val d’Avance, ainsi que plusieurs élus municipaux et anciens élus, ont également participé aux échanges.

 

Un axe stratégique pour la vallée de l’Ubaye

À l’arrêt depuis 2024, le projet bénéficie aujourd’hui de nouveaux éléments confortant son caractère prioritaire. En juillet dernier, Bertrand Baulet avait sollicité Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi qu’Éliane Bareille, présidente du Département des Alpes-de-Haute-Provence. Tous deux ont reconnu l’intérêt d’un financement associant la Région et les deux départements concernés.

L’enjeu dépasse en effet les limites de la commune. La RD900B constitue un axe stratégique pour le transport international de marchandises et le désenclavement de la vallée de l’Ubaye. La déviation doit ainsi répondre à des enjeux de circulation, de sécurité et de qualité de vie pour les habitants, tout en accompagnant les besoins de déplacement et d’activité économique du territoire.

Le montant prévisionnel de l’opération s’élève à 25 millions d’euros, dont 23 millions consacrés aux travaux. Un investissement conséquent qui rend déterminante la mobilisation de plusieurs partenaires publics. Si le principe d’un financement conjoint suscite un intérêt partagé, les modalités de répartition des contributions restent à préciser.

 

Un tracé maintenu et des acquisitions foncières à préparer

Lors de la réunion, Gilles Delabelle, directeur des infrastructures routières au Département, a présenté les caractéristiques techniques du projet. Le tracé initial est maintenu : la future déviation s’étendra sur deux kilomètres et comprendra deux carrefours aménagés aux entrées du village.

Sa réalisation nécessitera la maîtrise d’environ 12 hectares de terrains, dont 8,7 hectares de terres agricoles et arboricoles. Cette emprise foncière constitue un enjeu important pour l’organisation du chantier, mais aussi pour les exploitants directement concernés.

Le dossier parcellaire étant déjà bien avancé, les premières acquisitions à l’amiable pourraient être engagées rapidement. Cette étape devra permettre de préparer le foncier nécessaire à l’opération, tout en tenant compte des contraintes des propriétaires et des exploitations agricoles.

Pour les arboriculteurs, qui doivent anticiper plusieurs années à l’avance le renouvellement de leurs vergers et l’évolution de leur activité, la visibilité sur le calendrier et les terrains concernés est particulièrement importante. « La majorité des arboriculteurs sont favorables à la déviation, mais ils ont besoin d’en connaître les contours pour anticiper les renouvellements et organiser les évolutions de leur entreprise », souligne Vincent Barnéoud, arboriculteur et conseiller municipal.
 

Un calendrier conditionné 

Si le projet a déjà franchi plusieurs étapes administratives, sa concrétisation reste liée à la programmation des investissements départementaux. Les études préalables, notamment l’étude d’impact, le dossier de déclaration d’utilité publique, l’enquête publique et l’arrêté préfectoral, ont été progressivement intégrés au plan pluriannuel d’investissement du Département pour la période 2022-2028.

La poursuite du dossier et la réalisation des travaux devront désormais trouver leur place dans le prochain plan d’investissement. Cette inscription constituera une étape déterminante pour préciser le calendrier opérationnel et permettre le lancement du chantier. Dans ces conditions, une réalisation au début des années 2030 est envisagée. Cette perspective reste toutefois dépendante des arbitrages budgétaires, de la mobilisation des financements nécessaires et de la poursuite des procédures préalables.
 

Engagements financiers

Pour Remollon, l’enjeu est donc désormais de transformer les avancées techniques et administratives en engagements financiers concrets. La mobilisation de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et des départements des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence pourrait jouer un rôle essentiel dans la concrétisation de cette infrastructure.

À l’issue de la rencontre, la municipalité a fait part de sa satisfaction et vivement remercié Jean-Marie Bernard et son équipe pour leur soutien. Pour les élus locaux, la déviation représente un projet structurant, appelé à contribuer à la sécurité des déplacements, à l’amélioration du cadre de vie des habitants et au développement du territoire.

Après plusieurs années d’attente, le dossier semble ainsi retrouver une dynamique. Reste à franchir l’étape décisive du financement pour donner corps à un aménagement attendu, dont les effets se mesureront à l’échelle de Remollon comme de l’ensemble de la vallée de l’Ubaye.

https://c.ledauphine.com/economie/2026/10/27/deviation-de-remollon-une-mise-en-service-envisagee-au-debut-des-annees-2030

 

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